Neurosciences : comment rester efficace en écoutant le rythme de son cerveau ?

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Spécialiste du lien entre sommeil et mémoire, Marie Lacroix a travaillé à la compréhension des processus de consolidation mnésique. Après une formation à l’ENS, un doctorat au CNRS, et des actions de chef de projet en recherche clinique, elle apporte aujourd’hui son expertise au delà des laboratoires, pour promouvoir les applications des sciences cognitives en entreprise par des actions de sensibilisations, de formations, et d’expérimentation. En attendant de la retrouver lors de la prochaine conférence EFE dédiée aux Neurosciences, elle nous livre sa vision en quelques questions clés.

 

Pourriez-vous nous faire le pitch de COG’X en une phrase ?

Cog’X est un cabinet de conseil, de formation et d’expérimentation constitué de docteurs en neurosciences, qui accompagne les entreprises par le prisme des sciences cognitives dans l’innovation de leurs pratiques de travail, de leurs outils et de leurs espaces.

 

Comment les modes de vie actuels modifient-ils nos rythmes de travail ? Quels impacts sur notre cerveau ?

Tout d’abord, l’arrivée du digital a considérablement augmenté la fréquence et la rapidité des échanges au travail. La fragmentation des tâches dans une journée de travail, notamment du fait d’interruptions digitales permanentes, est coûteuse pour notre cerveau et entraîne une baisse d’efficacité. Associées à plus de fatigue mentale, ces pratiques vont entraîner une diminution des ressources cognitives disponibles, impliquées dans les capacités de concentration, de prise de décision, de planification mais aussi de mémoire et d’apprentissage.

D’autre part, bien que cet aspect ne concerne pas l’intégralité des salariés d’entreprise, la possibilité de rester connecté au travail via ses mails lors des temps de repos peut nuire à la récupération, pourtant nécessaire au maintien de l’efficacité et d’une bonne qualité de vie au travail.

Bien sûr, l’impact sur notre cerveau est réversible : l’évolution de celui-ci s’est faite sur des millions d’année et ce n’est pas en quelques décennies que celui-ci va changer. Prendre conscience des limites de notre cerveau, notamment face au digital, est la première étape pour modifier ses pratiques et regagner en efficacité et en qualité de vie !

 

Est-il possible de revoir ses pratiques pour atteindre un meilleur équilibre cognitif en respectant les rythmes biologiques ?

En prenant conscience du fonctionnement du cerveau, il est possible d’adopter une posture métacognitive, c’est à dire de penser et d’agir sur son fonctionnement cognitif. En effet, comprendre l’impact réel de certaines pratiques sur son quotidien de travail, permet d’une part d’éliminer celles qui sont délétères pour l’efficacité et le bien-être, et d’autre part de trouver la légitimité et la motivation pour en expérimenter de nouvelles !

Notamment, l’effacement des limites entre les temps dédiés au travail et ceux dédiés à la récupération encouragé par le digital, n’est pas anodin pour notre cerveau ni pour notre santé. Il est important de comprendre les changements physiologiques et cognitifs qui s’opèrent lors d’une journée de travail pour identifier les enjeux liés à la récupération et pouvoir expérimenter, individuellement et collectivement, de bonnes pratiques de (dé)connexion.

Pour citer un autre exemple frappant, notre cerveau nous donne parfois l’illusion d’être attentif à deux tâches en même temps, par exemple écouter son collègue et répondre à un mail en réunion. Or nous ne pouvons porter notre attention sur plusieurs choses à la fois ! Faire plusieurs tâches de front réduit en réalité notre efficacité sur chacune d’elles, augmente la fatigue mentale, et le risque d’erreur voire d’accident. Ainsi, prendre conscience de la réalité du fonctionnement de notre cerveau peut nous pousser à reconsidérer nos habitudes et à limiter l’effet délétère de certaines pratiques.

 

Un modèle, une source d’inspiration, une marque avec qui vous rêvez de collaborer ?

La recherche en sciences cognitives nous permet de réinterroger nos pratiques de travail, et d’émettre des recommandations à appliquer directement en entreprise. Cependant, il est essentiel d’évaluer l’impact réel de ces applications, et notamment de vérifier leur efficacité dans le contexte particulier de l’entreprise concernée, d’identifier les freins qui pourraient subsister et d’ajuster si besoin.

Nous avons eu quelques occasions de mener des études d’impact, et nous espérons que dans les années à venir les entreprises vont se rendre compte de l’opportunité que ces études leur offrent pour innover de manière pérenne dans leurs pratiques de travail.

 

Pour en savoir plus, rdv à Paris le 16 mai 2019 pour la conférence EFE
« Neurosciences : comment mieux apprendre et former vos équipes ? »

 

 

Marie LACROIX

Marie LACROIX est Docteur en neurosciences, Consultante et Cofondatrice de Cog’X.

Elle interviendra lors de notre prochaine conférence « Neurosciences : comment mieux apprendre et former vos équipes ? »