Entretien professionnel : entreprises, l’échéance est au 7 mars 2016 !

Laetitia pour blogLaetitia BONNISSANT est Directrice Générale Adjointe de la société EFE et Directrice des formations Inter du Groupe ABILWAYS. Depuis 20 ans dans la société EFE, elle manage les responsables des domaines d’expertise du catalogue de formation EFE et coache les directeurs des filiales du Groupe ABILWAYS (CFPJ, ISM, IDCC, ACP, PYRAMYD) dans le cadre de leurs offres de formation Inter aux entreprises.


1 – La Rédaction Analyses Expert – Pourquoi la Loi du 5 Mars 2014 a-t-elle mis en place l’entretien professionnel ?

Les principaux objectifs de l’entretien professionnel sont de réaliser un point périodique sur les perspectives d’évolution professionnelle du salarié notamment en termes de qualifications et d’emploi et de sécuriser les parcours professionnels. On voit donc là toute la philosophie de cette réforme qui a pour ambition d’installer le salarié au cœur des dispositifs de formation et de lui permettre de se former tout au long de sa vie professionnelle.

Par ailleurs, il est primordial, pour sa GPEC, que l’entreprise mette en place un dispositif qui permette d’attester et de contrôler l’employabilité de ses salariés puisque la réforme de la Formation insiste particulièrement sur l’obligation sociale de former qui pèse plus encore  sur les entreprises qu’auparavant.

2  – La Rédaction Analyses Expert – Comment doit-il se mettre en place dans les entreprises?

La Loi ne prévoit pas le cadre « pratique » de ces entretiens professionnels. Les entreprises ont donc le choix des modalités et des acteurs de ce nouvel entretien. Qui le fait passer ? Les RH ? Les managers opérationnels ? La question s’est posée et se pose encore. Il me semble que pour être au plus près de la volonté de cette réforme, il convient que ce soit les managers qui prennent en main ce nouveau dispositif mais que les RH posent le cadre.

3 – La Rédaction Analyses Expert – Selon vous, à quoi doivent veiller les managers et les RH à ce sujet?

La toute première chose est de bien veiller à ce que cet entretien ne soit pas un Entretien annuel d’évaluation bis. Il n’y a aucune place pour le jugement dans cet entretien, bien au contraire. Éminemment positif puisque porté sur l’évolution professionnelle du salarié, il se distingue facilement des autres entretiens RH déjà existants.

Ainsi, si l’entretien professionnel se déroule à la suite d’un entretien annuel d’évaluation, deux comptes-rendus distincts doivent être rédigés à leur issue.

Il convient d’ailleurs de rappeler que l’entretien professionnel ne doit pas seulement intervenir tous les deux ans mais doit également être systématiquement proposé à l’issue de certaines périodes d’absence ou de réduction d’activité et ce, même s’il s’est écoulé moins de deux ans depuis le dernier entretien ou l’arrivée du salarié dans l’entreprise.

Attention donc à ce que les RH prévoient bien le cadre nécessaire et, surtout, à ce que l’entreprise mette en place la formation nécessaire de ceux qui vont faire passer ces entretiens.

4 – La Rédaction Analyses Expert – Quels sont les risques qui peuvent découler de l’absence de ces entretiens professionnels ?

  • Le tout premier risque est financier.

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, si le salarié n’a pas bénéficié au cours des six dernières années des entretiens professionnels et/ou d’au moins 2 des 3 actions prévues dans l’état des lieux, son CPF est abondé de 100 heures supplémentaires (temps plein) ou 130h (temps partiel). Pour financer cet abondement, l’employeur doit verser à son OPCA une somme forfaitaire de 30 euros par heure abondée, soit 3000 euros pour les salariés à temps plein et 3900 euros pour les salariés à temps partiel. Le crédit d’heures du CPF du salarié sera alors majoré en conséquence, y compris lorsque le salarié a déjà atteint le plafond de 150h dans le cadre de sa capitalisation CPF.
Ce versement à l’OPCA devra être opéré avant le 1er mars de chaque année et devra être complété par la transmission à cette date de la liste des salariés bénéficiaires de l’abondement correctif. A défaut de versement, l’entreprise pourra être mise en demeure de verser au Trésor Public un montant équivalent à l’insuffisance constatée, majoré de 100%.

  • Le second est social et concurrentiel.

Une entreprise qui ne satisferait pas à ses obligations de formation et de maintien dans l’employabilité de ses collaborateurs se mettrait clairement en danger. En effet, c’est en faisant monter en compétences ses collaborateurs, en investissant sur leur potentiel et leur mobilité, qu’une organisation peut capitaliser les connaissances et se reposer sur son savoir-faire.

5 – La Rédaction Analyses Expert – Quels conseils donneriez-vous à une entreprise qui se penche sur la question ?

Formez vos salariés !
EFE est présent pour vous accompagner sur ces questions, de différentes façons :

Lancez dès maintenant les entretiens professionnels de vos collaborateurs en poste au 7 mars 2014. L’échéance, pour ceux-ci, tombe au 7 mars 2016 … C’est demain !

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